Les Balcons de Sainte-Croix – 88km – 1400 D+

Baudinard-sur-Verdon

Entre les eaux turquoise du lac de Sainte-Croix, les reliefs calcaires du Verdon, les forêts de Haute-Provence et les petites routes qui ondulent de village en village, cette boucle de 88 kilomètres offre une remarquable concentration de paysages provençaux.

Au départ des Salles-sur-Verdon, le parcours ne se contente pas de longer le lac. Il prend rapidement de la hauteur et s’éloigne par moments de ses rives pour aller chercher les reliefs qui l’entourent, avant de retrouver régulièrement des panoramas sur cette immense étendue d’eau née de l’aménagement du Verdon.

Avec environ 1 400 mètres de dénivelé positif, ce n’est pas une promenade totalement tranquille autour d’un lac : les montées se succèdent, rarement très longues mais suffisamment nombreuses pour donner à la sortie un véritable caractère sportif.

Et derrière la beauté du paysage se cache aussi une histoire singulière : celle d’une vallée profondément transformée dans les années 1970 et d’un village entier disparu sous les eaux.

Les Salles-sur-Verdon : un départ chargé d’histoire

Le voyage commence aux Salles-sur-Verdon, à environ 500 mètres d’altitude.

Difficile aujourd’hui, face au lac et aux montagnes qui l’entourent, d’imaginer que le paysage était encore totalement différent il y a un peu plus d’un demi-siècle.

Le village actuel est en effet un village relativement récent. L’ancien Les Salles-sur-Verdon se trouvait dans la vallée aujourd’hui occupée par le lac. Lors de la construction du barrage de Sainte-Croix et de la mise en eau de la retenue en 1973-1974, il fut progressivement évacué puis détruit. L’église fut notamment dynamitée et le cimetière déplacé. Un nouveau village fut construit plus haut, sur le plateau de Bocouenne.

Cette histoire donne une dimension particulière au départ de la randonnée. Sous les eaux bleues que l’on contemple aujourd’hui se trouvent les terres agricoles, les chemins et une partie de la mémoire de l’ancienne vallée.

Un lac qui n’existait pas il y a cinquante ans

Le lac de Sainte-Croix est devenu tellement indissociable du paysage du Verdon qu’il semble avoir toujours été là, il est pourtant artificiel.

L’idée d’aménager le Verdon remonte au début du XXe siècle. Dès 1908, alors que Georges Clemenceau parcourt la région, différents projets de barrages sont déjà envisagés. Il faudra cependant attendre les décennies suivantes, puis l’intervention d’EDF, pour que le projet prenne réellement forme.

La mise en eau du lac, en 1973-1974, bouleverse complètement la géographie locale. La vallée alluviale disparaît sous l’eau et avec elle des terres cultivées, des routes, des ponts et l’ancien village des Salles. Bauduen et Sainte-Croix-du-Verdon, eux aussi menacés dans les premières versions du projet, seront finalement préservés grâce à une modification de la cote du futur lac.

Pour le cycliste d’aujourd’hui, cette transformation a créé un décor spectaculaire : un immense miroir turquoise enchâssé entre les plateaux calcaires de Haute-Provence et les premiers grands reliefs du Verdon.

Des Salles-sur-Verdon vers les hauteurs

Dès les premiers kilomètres, le parcours montre son caractère. On quitte progressivement l’ambiance touristique des rives du lac pour rejoindre un environnement plus ouvert et plus sauvage. La route prend de l’altitude par paliers et permet rapidement de dominer une partie du bassin de Sainte-Croix.

C’est l’une des caractéristiques de cette boucle : le lac est rarement très loin, mais le parcours ne cherche pas constamment à rester au bord de l’eau. Il s’en éloigne au contraire pour prendre de la hauteur, traverser les forêts et les reliefs calcaires puis revenir vers ses rives.

Pour le cycliste, ce dessin rend la sortie particulièrement agréable. Les changements de paysage sont fréquents et les kilomètres passent sans monotonie.

Les premières dizaines de kilomètres sont déjà vallonnées. On oscille entre environ 500 et 700 mètres d’altitude, avec plusieurs montées successives plutôt qu’une ascension unique.

Il faut donc éviter de se laisser emporter par la fraîcheur du départ : le dénivelé va s’accumuler progressivement.

Entre Provence et Préalpes

Cette partie du Verdon constitue une véritable zone de transition géographique. Au sud et à l’ouest, on retrouve les paysages typiquement provençaux : chênes, pins, garrigue et plateaux calcaires.

Vers le nord et l’est, le relief annonce déjà les Préalpes. Cette rencontre explique une partie de la diversité rencontrée sur la boucle. En quelques kilomètres, on peut passer d’une route exposée au soleil, bordée d’une végétation méditerranéenne, à une portion beaucoup plus fraîche traversant une forêt.

Le calcaire reste cependant omniprésent. Il constitue l’ossature du paysage du Verdon et explique aussi les phénomènes karstiques caractéristiques de la région : plateaux secs en surface, fissures, avens et importantes circulations d’eau souterraines.

Une partie sud beaucoup plus sauvage

Autour du quarantième kilomètre, le parcours atteint l’un de ses secteurs les plus bas, aux alentours de 410 à 450 mètres d’altitude. Mais ce point bas annonce naturellement la suite. À partir de là, la route recommence progressivement à s’élever.

C’est une partie particulièrement intéressante à vélo : on s’éloigne des secteurs les plus fréquentés du lac et l’ambiance devient plus rurale. Les petites routes, les forêts et les reliefs prennent le dessus sur les paysages lacustres.

La difficulté de cette boucle vient en grande partie de cette succession de changements de rythme. Avec 88 kilomètres pour environ 1 400 mètres de D+, le ratio n’est pas celui d’une grande randonnée de montagne. Pourtant, il est difficile de trouver une longue portion réellement plate.

On monte, on bascule, on descend quelques kilomètres… puis une nouvelle bosse apparaît. Un parcours typiquement provençal, en quelque sorte.

Bauduen, balcon sur Sainte-Croix

Lorsque l’itinéraire retrouve progressivement le secteur du lac, le paysage s’ouvre de nouveau.

Bauduen constitue l’un des villages emblématiques de Sainte-Croix. Installé en amphithéâtre au bord de l’eau, il semble aujourd’hui avoir été construit pour ce paysage.

Pourtant, son histoire est évidemment beaucoup plus ancienne que le lac. Le territoire était déjà fréquenté durant l’Antiquité. Une ancienne voie romaine reliant Fréjus à Riez passait à proximité, et le village apparaît sous le nom de Balduini Castri dès 1060 dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Au Moyen Âge, Bauduen était protégé par des remparts, une tour de guet et un château.

La création du lac a radicalement modifié son environnement. Le village qui dominait autrefois la vallée s’est retrouvé presque directement au bord de l’eau.

Pour le cycliste, c’est aussi l’un des secteurs où il peut être tentant de ralentir un peu : les vues sur le lac y sont parmi les plus belles du parcours.

Le point culminant : près de 780 mètres

La principale difficulté de la seconde moitié de la boucle apparaît après une soixantaine de kilomètres. La route s’élève progressivement jusqu’au point culminant du parcours, situé aux environs de 780 mètres d’altitude.

Sur le papier, l’altitude reste modeste. Sur le vélo, après plus de 60 kilomètres de terrain vallonné, cette montée peut toutefois commencer à peser dans les jambes. C’est probablement ici que la gestion de l’effort prend le plus d’importance.

La récompense vient avec l’altitude : au fil de l’ascension, le panorama s’ouvre progressivement sur le bassin de Sainte-Croix et les reliefs de Haute-Provence. Au loin, par temps clair, la silhouette caractéristique du Mont Ventoux se détache à l’horizon, offrant un remarquable point de repère dans ce vaste paysage provençal.

Une fois le sommet franchi, le profil devient globalement plus favorable, même si quelques ondulations restent encore à négocier.

Le retour vers Les Salles-sur-Verdon

Les derniers kilomètres ramènent progressivement vers le lac et vers Les Salles-sur-Verdon. Après les paysages plus sauvages du cœur de la boucle, retrouver cette immense étendue turquoise donne presque l’impression d’arriver dans un autre territoire.

Le contraste est particulièrement saisissant. Et la boucle prend alors tout son sens. On revient au même endroit, mais avec une perception différente du paysage : le lac n’est plus seulement un décor. Au fil des kilomètres, on a découvert les reliefs qui l’entourent, les villages dont il a bouleversé l’histoire et cette géographie si particulière située entre Provence et Préalpes.

L’arrivée aux Salles-sur-Verdon permet enfin de refermer symboliquement la boucle face à l’un des paysages les plus spectaculaires de Haute-Provence.

Une boucle idéale pour les cyclistes

Avec 88,2 km et environ 1 400 m de dénivelé positif, ce parcours constitue une belle randonnée à la journée, accessible à un cycliste entraîné sans présenter les difficultés d’un véritable itinéraire de haute montagne.

Il ne faut cependant pas sous-estimer son profil. Le dénivelé est réparti sur une grande partie de la distance et les nombreuses relances peuvent progressivement entamer les réserves. Une allure régulière dans les premières bosses permettra de profiter beaucoup plus confortablement de la seconde moitié.

Le parcours possède surtout un atout majeur : sa variété. Routes panoramiques, passages forestiers, reliefs calcaires, villages provençaux, vues sur le lac et petites routes vallonnées s’enchaînent sur moins de 90 kilomètres.

En été, un départ matinal est fortement recommandé. La chaleur peut devenir importante sur les portions exposées et la fréquentation automobile augmente sensiblement autour du lac en pleine saison touristique. Le printemps et le début de l’automne offrent probablement les conditions les plus agréables pour profiter pleinement du parcours.

Un parcours entre eau, pierre et mémoire

Cette boucle autour de Sainte-Croix est finalement bien plus qu’une succession de jolies routes. Elle raconte aussi la transformation d’un territoire.

Il y a un peu plus de cinquante ans, le cycliste qui aurait parcouru cette région aurait découvert une vallée, des champs, une rivière et un village là où s’étend aujourd’hui l’un des plus grands lacs de Provence.

Le barrage a profondément modifié le paysage, mais également la vie des habitants et l’économie de toute la vallée. Le tourisme et les activités de pleine nature occupent désormais une place majeure dans un territoire autrefois beaucoup plus largement agricole.

À vélo, cette histoire accompagne discrètement tout le parcours.

Informations supplémentaires sur le parcours:

  • Dénivelé moyen: 1,6%
  • Pente maximum: 21%
  • Altitude maximum: 779m
  • Durée estimée: 4:30
  • Nombre de difficultés (pentes >= 5%): 24
  • Nombre de cols: 0
  • Nombre de points d’eau: 6
    • Les-Salles-sur-Verdon, km 0
    • Baudinard-sur-Verdon, km 28,8
    • Artignosc-sur-Verdon, km 36,9
    • Saint-Laurent-du-Verdon, km 41,3
    • Sainte-Croix-du-Verdon, km 53,5
    • Moutiers-Sainte-Marie, km 74,5
  • Nombre de WC: 5
    • Les-Salles-sur-Verdon, km 0
    • Baudinard-sur-Verdon, km 28,8
    • Saint-Laurent-du-Verdon, km 41,3
    • Sainte-Croix-du-Verdon, km 53,5
    • Moutiers-Sainte-Marie, km 74,5
  • Nombre de points de ravitaillement: 7
    • Les-Salles-sur-Verdon, km 0
    • Baudinard-sur-Verdon, km 28,8
    • Artignosc-sur-Verdon, km 36,7
    • Saint-Laurent-du-Verdon, km 41,3
    • Montpezat, km 46,2
    • Sainte-Croix-du-Verdon, km 53,5
    • Moutiers-Sainte-Marie, km 74,5
  • Période idéale: Toute l’année, éviter Juin, Juillet et Août à cause de la chaleur, de la circulation et des risques incendie
  • Type de surface (FFC): Revêtement lisse (*90%)

IBP

Attention : Cette trace est fournie par Ride & Smile sans aucune garantie. N’oubliez pas que sur le terrain, vos choix engagent votre responsabilité et votre sécurité.

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