Au départ de Gourdon, cette boucle de 85 km pour environ 1 600 mètres de dénivelé positif propose un magnifique condensé des Préalpes d’Azur. Col de l’Écre, plateau de Caussols, col de la Sine, Gréolières, Coursegoules et col de Vence jalonnent un parcours qui alterne grands espaces calcaires, villages de montagne, routes panoramiques et descentes spectaculaires.
Une boucle exigeante sans être démesurée, particulièrement intéressante pour qui souhaite découvrir à vélo l’arrière-pays des Alpes-Maritimes.
Gourdon : un balcon sur la Côte d’Azur
Le départ s’effectue à Gourdon, village perché au-dessus de la vallée du Loup et formidable belvédère sur la Côte d’Azur.

Installé sur son éperon rocheux à près de 760 mètres d’altitude, Gourdon domine littéralement le paysage. Par temps clair, le regard porte sur une grande partie du littoral et permet déjà de mesurer le contraste qui caractérisera toute la sortie : la Méditerranée est toute proche, mais quelques kilomètres suffisent pour basculer dans un environnement résolument montagnard.
Cette position stratégique explique en partie l’histoire du village. Gourdon surveille depuis des siècles les voies de passage de la vallée du Loup. Bien avant les routes actuelles, les déplacements entre la côte et le haut pays s’effectuaient notamment par des chemins muletiers, dont le spectaculaire chemin du Paradis qui reliait Gourdon à Pont-du-Loup.
Pour les cyclistes, Gourdon constitue surtout un point de départ idéal : nous sommes déjà en altitude, au cœur du terrain de jeu des Préalpes d’Azur.
Première ascension vers le col de l’Écre
Pas vraiment le temps de s’échauffer. Dès la sortie de Gourdon, la route prend la direction du col de l’Écre.
Depuis le village, il reste environ six kilomètres d’ascension pour gagner les hauteurs du plateau. La pente est généralement régulière et la route s’élève progressivement au milieu d’un paysage de plus en plus minéral.
À mesure que l’on grimpe, les arbres s’espacent, les horizons s’ouvrent et la Méditerranée apparaît derrière soi. Le contraste entre le bleu de la mer et les reliefs calcaires est particulièrement spectaculaire.

Le col de l’Écre culmine à environ 1 120 mètres d’altitude. Il est bien connu des cyclistes locaux mais également des triathlètes : son versant depuis Pont-du-Loup, passant justement par Gourdon, fait partie des ascensions emblématiques utilisées par les pratiquants préparant les grandes épreuves de la région niçoise.
Caussols : changement de décor
Une fois le col franchi, changement complet d’ambiance.
Bienvenue sur le plateau de Caussols !
À plus de 1 000 mètres d’altitude, ce vaste plateau calcaire constitue l’un des paysages les plus caractéristiques du Parc naturel régional des Préalpes d’Azur. Ici, les reliefs deviennent plus doux et l’horizon s’élargit considérablement.
Le paysage est typiquement karstique : dolines, lapiaz, avens et réseaux souterrains témoignent du lent travail de dissolution du calcaire par l’eau. Celle-ci disparaît souvent dans le sous-sol au lieu de former des cours d’eau en surface, donnant au plateau cet aspect sec et presque lunaire.
À vélo, cette traversée apporte une respiration bienvenue après la montée du col de l’Écre. Mais l’altitude rend le secteur particulièrement exposé au vent et les températures peuvent être sensiblement plus fraîches que sur le littoral.


Au nord du plateau se trouve également le plateau de Calern et son observatoire astronomique. L’altitude, l’air relativement sec et la faible pollution lumineuse expliquent l’intérêt scientifique exceptionnel de ces hauteurs.
Le col de la Sine et la plongée vers le Haut-Loup
La route poursuit sa traversée des grands espaces avant de rejoindre le col de la Sine.
Ce petit col marque une nouvelle transition dans le parcours. Derrière lui commence une longue descente qui fait progressivement quitter l’univers ouvert de Caussols pour retrouver les reliefs plus découpés de la vallée du Loup.

La route est superbe et invite naturellement à prendre de la vitesse. Il faudra néanmoins rester prudent : les virages s’enchaînent et quelques épingles demandent de conserver une bonne marge de sécurité.
Après les paysages presque désertiques du plateau, la végétation réapparaît progressivement.
Gréolières : au pied du Cheiron
Le parcours rejoint ensuite Gréolières, village installé au pied de l’imposante montagne du Cheiron.
Le secteur marque une nouvelle évolution du paysage. Nous sommes désormais au cœur des Préalpes, dans un environnement où se mêlent falaises calcaires, forêts et montagnes.
Gréolières occupe depuis longtemps une position stratégique dans la haute vallée du Loup. Le village conserve les traces de son passé médiéval, notamment à travers les vestiges de ses fortifications et de ses anciens châteaux.

Pour les cyclistes des Alpes-Maritimes, le nom de Gréolières évoque surtout les nombreuses routes permettant de rejoindre le haut pays et, quelques kilomètres plus haut, Gréolières 1400, l’une des rares stations de ski françaises depuis lesquelles il est possible d’apercevoir la Méditerranée.
Notre parcours ne monte pas jusqu’à la station. Il prend la direction de l’est pour rejoindre Saint-Pons puis Coursegoules.
De Saint-Pons à Coursegoules
Après Gréolières, la route traverse Saint-Pons avant de poursuivre vers Coursegoules.
C’est probablement l’une des sections les plus agréables de la boucle pour qui apprécie les petites routes de montagne : circulation généralement limitée, relief ondulant et vues dégagées sur les sommets environnants.

Mais il ne faut pas se laisser tromper par le profil. Les kilomètres accumulés depuis Gourdon commencent à se faire sentir et la route continue à gagner progressivement de l’altitude.
Coursegoules, sur une ancienne voie romaine
À environ 1 000 mètres d’altitude apparaît Coursegoules, village de caractère dominé par le massif du Cheiron.
L’histoire du lieu remonte à l’Antiquité. Le secteur se trouvait sur la voie Ventiana, un ancien axe reliant Vence à Castellane. Le village fut ensuite fortifié au Moyen Âge avant de connaître un épisode historique assez singulier : en 1620, ses habitants rachetèrent leur territoire et le placèrent sous la protection du roi Louis XIII. Coursegoules bénéficia ainsi du statut de ville royale jusqu’à la Révolution française.

La route moderne reliant Coursegoules au col de Vence a progressivement remplacé les anciens chemins muletiers qui permettaient autrefois de franchir ces montagnes.
Quelques siècles plus tard, nous empruntons le même axe… avec des pneus de 28 ou 30 mm et quelques rapports supplémentaires.
Le col de Vence : l’autre grand col de la boucle
Depuis Coursegoules, le parcours s’engage vers l’un des passages les plus connus des cyclistes azuréens : le col de Vence. Situé à environ 963 mètres d’altitude, il constitue depuis toujours un passage naturel entre le pays vençois et les hauts plateaux.

L’approche depuis Coursegoules est très différente de la grande ascension classique depuis Vence. Le terrain est vallonné et les vastes paysages minéraux donnent parfois l’impression de rouler beaucoup plus haut en montagne.
Le col marque surtout le début d’un changement radical de rythme. Devant nous : la Méditerranée et près de dix kilomètres de descente.
La grande descente vers Vence
La descente du col de Vence constitue l’un des grands moments cyclistes de cette boucle.
La route plonge progressivement vers la Côte d’Azur en offrant de vastes panoramas sur le littoral. Les longues lignes droites alternent avec les courbes rapides et quelques virages plus serrés.


C’est une descente magnifique, mais aussi une route très fréquentée par les cyclistes et les automobilistes. La visibilité et la qualité du revêtement peuvent donner envie de laisser filer le vélo : mieux vaut néanmoins conserver une trajectoire propre et anticiper les véhicules qui peuvent apparaître dans les deux sens.
Après les paysages sauvages de Caussols et Coursegoules, l’arrivée à Vence marque un retour brutal vers un environnement beaucoup plus méditerranéen.
Vence : deux mille ans d’histoire
Vence possède une histoire particulièrement ancienne.
La cité romaine de Vintium occupait déjà une position importante sur les voies reliant le littoral à l’arrière-pays. La vieille ville conserve aujourd’hui encore son plan resserré, ses portes et une partie de son patrimoine médiéval.
Vence est également associée à de nombreux artistes venus chercher sur la Côte d’Azur cette lumière si particulière. Henri Matisse y réalisa notamment la célèbre chapelle du Rosaire, considérée comme l’une des œuvres majeures de la fin de sa vie.
Pour nous, la visite sera plus rapide : il reste encore une bonne partie du parcours.
Tourrettes-sur-Loup : le village des violettes
La route prend maintenant la direction de Tourrettes-sur-Loup.
Perché sur un éperon rocheux, le village domine la vallée du Loup et constitue l’un des plus beaux passages de cette partie de l’itinéraire.

Tourrettes est notamment connu pour la culture de la violette Victoria, devenue l’un des symboles du village. Cette tradition horticole, développée à partir de la fin du XIXe siècle, est toujours célébrée chaque année.
À vélo, la traversée offre surtout un magnifique balcon sur les reliefs parcourus quelques heures auparavant. Au loin, Gourdon apparaît parfois accroché à sa falaise. Il est difficile d’imaginer que c’est là-haut que nous devons retourner.
Pont-du-Loup : retour au fond de la vallée
Après Tourrettes-sur-Loup, la route descend vers Pont-du-Loup.
Nous retrouvons ici le Loup, fleuve côtier qui prend naissance dans les montagnes avant de rejoindre la Méditerranée entre Cagnes-sur-Mer et Villeneuve-Loubet.


À la fin du XIXe siècle, Pont-du-Loup s’est développé grâce à son climat particulièrement favorable aux orangers, aux oliviers et aux plantes à parfum. Le hameau fut également desservi par l’ancien Chemin de fer de Provence. Les vestiges de son spectaculaire viaduc rappellent encore cette époque.
Mais Pont-du-Loup représente surtout un moment psychologique important de notre boucle. Nous sommes revenus à environ 200 mètres d’altitude. Gourdon est perché près de 550 mètres plus haut. Et il faut maintenant y retourner.
Bramafan : la dernière ascension
Depuis Pont-du-Loup débute donc le dernier véritable effort de la journée. La route remonte les gorges du Loup en direction de Bramafan. Cette portion est spectaculaire. Les falaises se resserrent autour de la rivière et la route se glisse dans une gorge profonde avant de retrouver progressivement un paysage plus ouvert.


C’est également ici que l’on rejoint l’ascension classique du col de l’Êcre depuis Pont-du-Loup : 18,8 km et plus de 900 mètres de dénivelé jusqu’au sommet. Heureusement, nous n’irons pas jusque-là. À Bramafan, le parcours quitte la vallée et s’engage dans la montée finale vers Gourdon.
Les jambes ont déjà près de 80 kilomètres derrière elles et cette dernière ascension prend alors une saveur particulière. La pente reste raisonnable, mais après les cols et les kilomètres accumulés depuis le départ, elle constitue le véritable juge de paix de cette boucle.
Peu à peu, Gourdon réapparaît au-dessus de la route. Encore quelques lacets…
Retour à Gourdon
La boucle se referme finalement là où elle avait commencé, sur les hauteurs de Gourdon.

En seulement 85 kilomètres, le parcours aura permis de traverser une étonnante diversité de paysages : falaises des gorges du Loup, plateaux calcaires de Caussols, montagnes du Cheiron, villages perchés et panoramas méditerranéens.
Mais son intérêt ne se résume pas au paysage. Cette boucle raconte également une partie de l’histoire des Préalpes d’Azur : anciennes voies romaines, chemins muletiers reliant le littoral au haut pays, villages fortifiés, agriculture de montagne et routes devenues aujourd’hui quelques-uns des terrains d’entraînement favoris des cyclistes azuréens.
Avec environ 1 600 mètres de dénivelé positif pour 85 kilomètres, le parcours reste accessible à un cycliste entraîné, mais son profil ne laisse finalement que peu de véritable répit.
Une belle journée de vélo entre mer et montagne, sur quelques-unes des plus belles routes de l’arrière-pays des Alpes-Maritimes.


Informations supplémentaires sur le parcours:
- Dénivelé moyen: 1,9%
- Pente maximum: 28%
- Altitude maximum: 1144m
- Durée estimée: 4:22
- Nombre de difficultés (pentes >= 5%): 40
- Nombre de cols: 3
- Col de L’Écre, km 6
- Col de la Sine, km 15
- Col de Vence, km 49
- Nombre de points d’eau: 6
- Gourdon, km 0
- Caussols, km 10,6
- Gréolières, km 32,8
- Vence, km 58,4
- Tourrettes-sur-Loup, km 63,9
- Pont-du-Loup, km 71,9
- Nombre de WC: 5
- Gourdon, km 0
- Gréolières, km 32,8
- Vence, km 58,4
- Tourrettes-sur-Loup, km 63,9
- Bramafan, km 75,6
- Nombre de points de ravitaillement: 7
- Gourdon, km 0
- Caussols, km 10,6
- Gréolières, km 32,8
- Vence, km 58,4
- Tourrettes-sur-Loup, km 63,9
- Pont-du-Loup, km 71,9
- Bramafan, km 75,6
- Période idéale: Toute l’année, éviter Juillet et Août à cause de la chaleur et de la circulation
- Type de surface (FFC): Revêtement lisse (*90%)

Attention : Cette trace est fournie par Ride & Smile sans aucune garantie. N’oubliez pas que sur le terrain, vos choix engagent votre responsabilité et votre sécurité.

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