Une solution d’éclairage pensée pour l’ultra-distance
Je viens de recevoir ma lampe alimentée par dynamo, la Igaro C1, accompagnée du feu arrière Igaro R1. Il est possible que vous ne connaissiez pas cette marque. C’était également mon cas il y a encore quelques semaines.
Je suis tombé dessus en parcourant un comparatif publié sur le site CyclingAbout, consacré aux solutions d’alimentation USB à partir d’un moyeu dynamo. La marque Igaro était la seule que je ne connaissais pas dans ce comparatif. Par curiosité, je suis donc allé explorer leur site internet et j’ai commencé à échanger directement avec Andrew Charnley, fondateur de la société.
Jusqu’à présent, ma pratique cycliste en termes de distance ne m’avait jamais vraiment obligé à réfléchir sérieusement à la question de l’autonomie énergétique. Une lampe classique à batterie me suffisait largement. Mais lorsque l’on commence à envisager des sorties beaucoup plus longues, sur plusieurs jours, la question de la recharge devient rapidement centrale.
Pourquoi passer à la dynamo ?
Lors de longues sorties à vélo, devoir régulièrement s’arrêter pour recharger ses équipements peut vite devenir contraignant. Trouver une prise, attendre que la batterie se recharge, gérer plusieurs appareils… Tout cela génère une charge mentale non négligeable.
C’est ce qui m’a amené à m’intéresser aux roues équipées d’un moyeu dynamo.
Après avoir étudié de nombreuses options et parcouru de nombreux retours d’expérience, j’ai finalement opté pour une paire de roues dédiée route et gravel équipée d’un moyeu SON28, une référence bien connue pour sa fiabilité et son rendement.

Une fois ce choix effectué, restait une question essentielle : Quelle lampe utiliser avec cette dynamo ?
Deux solutions existent généralement :
- utiliser un convertisseur pour recharger une batterie externe puis alimenter les équipements
- brancher directement une lampe conçue pour fonctionner avec la dynamo
La seconde option m’a paru beaucoup plus cohérente avec l’objectif d’autonomie.
Adapter l’éclairage au type de sortie
Avec l’expérience, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’existe pas une solution unique, mais plusieurs configurations selon la durée de la sortie.
1. Sorties courtes (1 à 12 heures)
Pour une sortie rapide, une lampe à batterie classique reste idéale :
- Lampe Knog Blinder 1300 (175 g)
- Radar arrière Wahoo (98 g)
Poids total : 273 g
Simple, efficace, aucun besoin de dynamo.
2. Sorties de 1 à 2 nuits
Pour des sorties plus longues, j’utilise :
- Lampe Exposure Toro 16 (278 g)
- Radar arrière Wahoo (98 g)
- Feu arrière Sigma (35 g)
- Batterie externe 10 000 mAh (156 g)
Poids total : 567 g

Cela permet de tenir plusieurs nuits avec une recharge éventuelle.
3. Sorties de 3 nuits et plus
Au-delà de trois nuits, on entre dans un autre univers : celui de l’autonomie énergétique complète.
Dans cette configuration :
- Roues avec dynamo SON28 (440g environ)
- Lampe dynamo Igaro C1 (163 g)
- Radar arrière Wahoo (98 g)
- Feu arrière dynamo Igaro R1 (24 g)
- Batterie optionnelle 10 000 mAh (156 g)
Poids total :
- 441 g avec batterie
- 285 g sans batterie
Le moyeu dynamo SON28 pèse 440 g, soit :
- 725 g pour l’ensemble avec dynamo
- 881 g avec dynamo et batterie

Cette solution permet de rouler plusieurs jours sans dépendre d’une prise électrique.
Quelle batterie externe utiliser ?
Même si l’objectif est l’autonomie, une batterie externe peut être utile pour stocker l’énergie produite mais non utilisée, ou alimenter ponctuellement un appareil.
Deux modèles dotés d’une fonction “pass-through” m’ont semblé intéressants :
- Nitecore NB10000 GEN3 (10 000 mAh) – 156g
- Voltaic V50 – 48 Wh – 272g
Les principales différences concernent la capacité et le poids.
Ces 2 batteries sont équipées d’une fonction “pass-through”. Pour rappel, une batterie “pass-through” (ou batterie avec recharge en pass-through) est une batterie externe capable de se recharger tout en alimentant simultanément un appareil. Autrement dit, elle peut recevoir de l’électricité et en fournir en même temps.
Selon Andrew Charnley, une batterie externe est totalement inutile avec la C1, car la gestion de l’énergie est déjà très optimisée par le C1. Pour ma part, je préfère pour l’instant conserver cette sécurité supplémentaire. L’expérience dira si elle est réellement nécessaire.
Les pertes de puissance avec une dynamo
On entend souvent dire qu’un moyeu dynamo ralentit fortement le cycliste. En réalité, les données scientifiques sont assez rares et les discussions souvent approximatives.
Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, un excellent test a été réalisé ici :
https://www.cyclingabout.com/dynamo-hub-drag-lab-testing/. Vous pouvez aussi consulter notre article ici.
Les pertes existent bien sûr, mais elles restent relativement limitées dans la pratique.
Une technologie différente : les super-condensateurs
La Igaro C1 est le premier phare développé par Andrew Charnley. Contrairement à la majorité des lampes dynamo, elle n’utilise aucune batterie lithium. Elle repose sur deux super-condensateurs de 2,7 V / 120 F permettant de faire un tampon lors des arrêts.
Ce choix présente plusieurs avantages :
- très grande durée de vie
- insensibilité aux cycles de charge
- excellente résistance au froid
- absence de vieillissement prématuré
La contrepartie est une densité énergétique plus faible qu’une batterie lithium, ce qui nécessite une gestion électronique plus avancée. Grâce à cette capacité tampon, la lampe peut fournir plusieurs minutes d’éclairage puissant à l’arrêt.

Le phare utilise deux LED distinctes (de type CREE XD16) :
- un faisceau principal
- un faisceau proche
Cela améliore fortement la visibilité du terrain immédiat.
Une lampe entièrement configurable
La C1 ne possède aucun bouton physique.
Tous les réglages passent par une application smartphone via Bluetooth.



L’utilisateur peut ainsi ajuster :
- la puissance lumineuse
- la priorité entre éclairage avant et arrière et recharge USB
- l’adaptation à la luminosité ambiante
- le comportement à l’arrêt et en mouvement dans plusieurs conditions lumineuses (sombre, faible et lumineux)
Deux ports USB-C sont également intégrés à l’arrière du phare pour recharger des appareils.
La C1 se positionne donc comme une solution très configurable, particulièrement adaptée à l’ultra-distance, au bikepacking et aux longues randonnées.
Premières impressions
La première impression est assez surprenante.
Le colis reçu est extrêmement simple : un petit cube en carton d’environ 10 cm, sans marquage ni packaging sophistiqué. À l’intérieur, la lampe est simplement protégée dans du plastique bulle.





Le feu arrière R1 est tellement petit (3 g) qu’il faut presque faire attention à ne pas le jeter avec l’emballage.

Clairement, le marketing n’est pas la priorité d’Igaro. Mais au final, cela ne me dérange pas. Ce qui compte, c’est le produit.
Et sur ce point, la qualité est bien au rendez-vous.
Qualité de fabrication
Le corps de la lampe est en aluminium et inspire immédiatement confiance. La lentille est d’une transparence impressionnante et l’ensemble respire la robustesse.


Petit bémol toutefois : le cache arrière est réalisé en impression 3D, ce qui donne un aspect un peu moins qualitatif que le reste du produit. Je me suis également interrogé sur la possibilité d’infiltration d’eau projetée par la roue.
Pour limiter ce risque, j’ai simplement ajouté un petit morceau de mousse protectrice.
Installation : pas vraiment plug-and-play
L’installation nécessite quelques connaissances en bricolage et en électricité.

Le câblage fourni demande en effet d’effectuer quelques opérations :
- positionnement des câbles sur le vélo
- coupe des câbles et des gaines aux bonnes dimensions
- étamage des extrémités de câbles dénudées
- pose de gaines et de manchons thermorétractables
- sertissage des connecteurs
Matériel recommandé :
- sèche-cheveux ou pistolet thermique
- fer à souder et un peu d’étain
- pince à sertir pour les connecteurs spade
- quelques connecteurs spade 4,8 mm femelles
- manchons thermorétractables
- connecteurs JST PH 2.0 au cas où
- bandes velcro pour fixer les câbles sur le vélo
Si vous n’êtes pas à l’aise avec ce type de montage, mieux vaut demander l’aide d’un professionnel ou d’un ami bricoleur.
Qualité d’éclairage et performances sur le terrain
La Igaro C1 produit un faisceau lumineux large et plat, orienté presque horizontalement vers la route. Ce type de faisceau est conforme à la norme allemande StVZO, conçue pour limiter l’éblouissement des usagers venant en sens inverse. Chaque LED CREE XD16 est annoncée à 700 lumens avec une température de couleur de 5000 K, ce qui produit une lumière blanche naturelle particulièrement agréable pour rouler de nuit. Dans la pratique, la C1 se révèle être une lampe dynamo très puissante.
Dès les premières sorties, plusieurs caractéristiques ressortent. Le faisceau est puissant mais présente quelques zones sombres et irrégulières, qui peuvent légèrement gêner la visibilité en tout-terrain. En revanche, la lampe se montre très performante à basse vitesse, sans scintillement, un problème relativement fréquent avec de nombreux éclairages alimentés par dynamo. Cette stabilité est rendue possible grâce aux super-condensateurs intégrés, qui jouent le rôle de réserve d’énergie et permettent de lisser la production électrique de la dynamo.
Même si la C1 supprime totalement le phénomène de scintillement, la luminosité évolue par paliers, principalement à faible vitesse. Dans la pratique, cela reste toutefois assez discret. Lors d’une sortie comprenant de très longues montées, la lampe a continué à fournir un éclairage suffisant, même à très faible allure. Le niveau de luminosité le plus faible n’apparaît qu’après plusieurs minutes de déplacement extrêmement lent. À partir d’environ 10 km/h, l’éclairage devient stable et particulièrement puissant pour un système alimenté par dynamo.
Le faisceau large avec coupure nette vers le haut évite d’éblouir les autres usagers de la route. En revanche, cette caractéristique peut être un peu moins adaptée au VTT technique, notamment avec des fourches suspendues qui plongent lors des freinages. Cela peut modifier l’orientation du faisceau et réduire temporairement la portée de l’éclairage. Ce comportement reste cependant classique et n’est pas spécifique à la C1. Dans ce type d’usage, un éclairage complémentaire sur le casque peut être très utile.



L’application mobile associée à la lampe permet de personnaliser en profondeur son fonctionnement, avec de nombreux paramètres disponibles. Il est notamment possible d’ajuster les niveaux de luminosité et de définir les seuils entre trois modes d’éclairage : sombre, faible et lumineux. Les possibilités de réglage sont très complètes, même si les paramètres par défaut restent déjà très efficaces pour la plupart des usages.
Enfin, les performances de recharge USB sont également très convaincantes. Lors d’une sortie de 3 h 15 à 21,8 km/h de moyenne, la lampe a été capable de recharger entièrement ma batterie externe NITCORE de 10 000 mAh. Il est même possible de charger directement certains appareils depuis la lampe tout en roulant, ce qui est rarement recommandé avec les chargeurs dynamo traditionnels.
Grâce à cette combinaison d’un éclairage puissant, d’une gestion intelligente de l’énergie et de capacités de recharge USB, la Igaro C1 apparaît comme une solution particulièrement intéressante pour les pratiques d’ultra-distance, de bikepacking ou de randonnée longue durée.
Verdict
La combinaison du matériel et du logiciel fonctionne remarquablement bien. Bien sûr, certains détails pourraient encore être améliorés, mais dans l’ensemble la lampe répond exactement à ce que je recherchais pour des sorties longues et autonomes.
Parmi les évolutions possibles, on pourrait imaginer la disponibilité d’un adaptateur au standard GoPro pour la lampe arrière R1, similaire à celui déjà proposé pour la lampe avant. Cela faciliterait son intégration avec les nombreux supports déjà existants sur le marché.
Le fait que l’ensemble des réglages passe par une application smartphone entièrement en anglais pourra également rebuter certains utilisateurs. Cela dit, les paramètres par défaut sont déjà très bien configurés et permettent d’utiliser la lampe immédiatement et en toute sécurité, sans avoir à modifier quoi que ce soit.
Au final, je suis absolument ravi de cette solution, qui correspond parfaitement à mes besoins pour les longues sorties et les aventures en totale autonomie.
Attention aux taxes d’importation
Depuis le Brexit, tout achat en provenance du Royaume-Uni est soumis à des taxes à l’importation dans l’Union européenne. Il faut donc prévoir ce coût supplémentaire. Certaines marques comme Exposure ou Tailfin expédient leurs produits depuis l’Europe, ce qui évite ce problème.
Liens utiles
- Site Igaro : https://www.igaro.com
- Support de selle avec adaptateur GoPro : https://www.amazon.fr/dp/B0DLB92MGN
- Support GoPro utilisé pour installer le R1 : https://www.amazon.fr/dp/B08PKJD2SR
Le support vendu sur Amazon n’est pas prévu initialement pour le R1, mais il fonctionne plutôt bien dans la pratique.
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